On a pris un café avec… Terre Hip-Hop

Il faut bien avouer quelque chose en ce moment : le temps, l’humeur et l’envie ne sont pas trop à sortir dehors se promener… Alors on s’occupe comme on peut, on travaille, on regarde la télé, on va dans les cafés… C’est d’ailleurs ainsi qu’avec Antoine, mercredi dernier, au détour d’une bonne petite boisson chaude, on a découvert deux jeunes garçons d’info-com, passionnés de musique et plus particulièrement de hip-hop.

Andy et Loïc sont des étudiants de deuxième année, l’un en pub, l’autre en com, qui ont depuis cette année, lancé leur émission de radio Terre Hip-Hop à Radio Campus. Ils ont accepté cette interview afin de nous expliquer un peu plus en détails l’envers du décor.


Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Andy : Il me semble que le vrai départ, c’est l’an dernier, quand j’étais en cours de chinois et que j’ai entendu Antoine et Johan parler de leur projet de lancer une émission de radio, Fou Foot (si ça ne vous dit rien, allez donc voir l’article à propos de nos joyeux lurons). Également passionné de foot, on s’est rapproché assez rapidement, et le fait est que Loïc était dans la même classe qu’eux…

Loïc : Ah oui, effectivement, en fait on s’est rencontré grâce à Fou Foot, on avait tous les deux des amis en commun, on a ensuite commencé de parler chacun de notre intérêt pour le hip-hop, et maintenant on en est là, à diriger nous aussi, notre propre émission de radio.


D’où vous vient cette passion pour la musique et plus particulièrement pour le hip-hop ?

Loïc : Alors, figurez-vous que j’ai longuement réfléchi à la question, parce que quelquefois, ça arrive que tu te demandes « Au final, comment j’en suis arrivé à écouter cette musique ? Qu’est-ce qui fait que j’aime vraiment ça plus qu’autre chose ? » et mon explication, c’est que quand j’étais plus jeune, mon père m’a énormément fait écouter Renaud, depuis tout petit, je baigne dans ses textes, et je suis absolument fan de cet artiste. Il m’a appris à accorder une réelle importance au texte. C’est ça qui me fascine dans le rap, à savoir la force des paroles qui transmettent de vrais messages. Ça explique aussi que je préfère le rap français au rap US, parce que j’arrive mieux à m’y identifier.

Andy : Moi c’est un peu différent… Je pense que ça vient plutôt de mon frère qui, quand je jouais dans ma chambre avec mes petits bonhommes, mettait sa musique à côté. J’entendais énormément de hip hop, notamment Eminem ou 50 Cent… Ensuite, j’habite à Cergy-Pontoise (95), je vis avec des gens qui écoutent ce genre de musique en permanence, qui commencent même à écrire quelques textes, donc forcément j’ai grandi avec ça, et puis quand j’entends certains sons de rappeurs français qui expliquent la galère des quartiers et de la banlieue, ce genre de paroles-là font que je m’identifie moi aussi beaucoup plus au rap qu’à d’autres musiques. Ça me parle.


Quel est votre artiste modèle ?

Loïc : Alors, je me rappelle parfaitement du tout début… J’étais sur mon canapé, sur les chaînes de musiques et j’ai entendu le clip « Changement » d’Orelsan, avec la référence à la Gameboy au début… Et en fait j’ai accroché immédiatement à cet univers. Pour moi, c’est lui LA référence encore aujourd’hui.

Andy : Pour ma part, je n’ai pas un artiste comme ça qui sort vraiment du lot, si je devais en citer un ce serait Booba, sur l’album Ouest Side, parce que la diversité des sonorités dans cet album était vraiment géniale.

Après je suis aussi longtemps resté dans les références américaines de mon frère, comme je t’ai dit…

Il y a autre chose qui m’a fait aimer le hip-hop, c’est toute la période Rap Contenders, qui a révélé tellement d’artistes… Je pense notamment à Nekfeu… Parmi tant d’autres évidemment !


Parlons un peu de votre émission, qu’est-ce qui vous a poussé à lancer Terre Hip-Hop ? De quoi c’est parti ?

Loïc : On en revient à ce qu’on disait tout à l’heure Andy… C’est vrai que le fait d’avoir des amis qui tiennent leur propre émission, ça donne forcément des idées ! Alors on a vraiment commencé à parler de ce projet assez tard l’an dernier, c’était aux alentours de février… Et ça s’est vraiment concrétisé là, en septembre.

Après, à titre personnel, je suis vraiment un passionné de cette culture, c’est quelque chose qui m’a fait grandir et qui m’a inculqué certaines valeurs. Sauf que ce n’est pas forcément un milieu très accessible, c’est différent du sport où tu peux rejoindre un club, là tu ne peux pas intégrer un collectif comme ça, donc c’est vrai qu’avoir cette émission à moi, la partager avec un pote, c’était quelque chose qui m’était très cher et j’en suis vraiment heureux, surtout que cette année, je sens que je prends de plus en plus ce chemin, avec donc la radio, mon projet tuteuré 1D Sens, qui s’occupe de promouvoir la culture hip-hop, et peut être mon stage de l’an prochain… Ouais, ça commence vraiment à prendre forme !

Andy : C’est vrai qu’à partir du moment où on a su qu’il était possible de créer une émission, la question ne se posait plus du tout. Fou Foot nous a donné les clés et nous a prouvé que c’était possible de le faire, après c’est notre passion qui a fait le reste. Personnellement je me disais que le foot était un de mes centre d’intérêts principal, mais ce qui passe le plus à la radio et ce qu’on attend de la radio, c’est la musique après tout.

Ce qui diffère aussi, c’est qu’on n’est plus uniquement chroniqueur, mais on devient chef du projet, et ça, ça change tout, parce que maintenant, c’est nous qui décidons des thèmes, c’est nous qui choisissons ce qu’on passe à l’antenne, c’est juste du pur plaisir. En plus de l’expérience qui est très enrichissante, je pense qu’on s’éclate avec Loïc et c’est important.


On en vient évidemment à cette question : pourquoi « Terre Hip-Hop » ?

Loïc : C’est une bonne question ! Parce que nous-même, on a mis énormément de temps à trouver un nom d’émission, on avait pas mal d’idées, et dès qu’on en avait une on en parlait ensemble, mais ce n’était jamais trop ce qu’on attendait, on ne voulait pas qu’il y ait le mot « rap » dans le titre, on ne voulait pas se limiter uniquement au rap, parce que le hip-hop est une culture bien plus large.

Andy : Voilà et donc on avait plusieurs propositions comme « Urban 2-5 » ou « Fou rap », mais bon ce n’était pas très sérieux, alors que « Terre Hip-Hop », déjà en termes de sonorité, c’était parfait, à l’oreille ça rendait bien, et puis comme on disait, le hip-hop c’est vraiment une culture très ouverte, voire mondiale, donc la « terre » du hip-hop.


Comment se sont passées les premières émissions ? Est-ce que vous avec eu des petites galères ?

Andy : Alors forcément au départ, il y a un truc auquel tu ne peux pas échapper, à savoir les problèmes techniques, de son, de micro, de musiques qui ne se lancent pas, des choses qui nous arrivent même encore aujourd’hui – on est d’accord que c’est moins fréquent, mais quand même. Et puis lors de la première, on ne s’était pas encore totalement rodé, donc le temps de parole n’a pas été bien réparti, il y avait quelques blancs… Mais il a suffi d’une heure d’émission pour que ce soit corrigé, donc vraiment un souci mineur de ce côté-là.

Loïc : Oui, je pense que tu as tout dit, la première, t’es un peu stressé, parce que c’est la première, mais aujourd’hui, on arrive à la cinquième émission, j’ai l’impression qu’on en a déjà fait quinze ! On est plus à l’aise avec le matériel, on a pris nos marques…

Andy : On peut ajouter à cela le fait qu’on avait tous les deux déjà parlé en radio grâce, décidément, à Fou Foot, qui fait qu’on connaissait déjà un peu le milieu…

Loïc : Oui c’est clair de ce point de vue-là, ce n’était pas une totale découverte, et puis étant donné que pour chacun de nous, le rap et le hip-hop sont de vraies passions, il n’y avait pas de doute, à partir du moment où on te lance sur un sujet que tu maîtrises, il n’y a pas de raisons que ça se passe mal, qui plus est quand tu partages ça avec ton pote !

Andy : D’ailleurs c’était la première condition, pour moi, pour accepter le projet, c’est-à-dire qu’avant de trouver un nom, un thème ou quoi que ce soit d’autre, il fallait que ça colle avec le mec, et Loïc, c’était idéal, vraiment.


Comment se déroulent les émissions ? Est-ce que vous avez une trame, un fil rouge, ou bien le concept change-t-il chaque semaine ?

Loïc : On essaie de garder une trame, un thème à chaque émission…

Andy : Chaque émission a effectivement son thème plus ou moins défini…

Loïc : Par exemple, pour la première, on avait fait une sorte de frise chronologique du rap français, la deuxième c’était un peu plus rap US, avec un point d’actualité, qu’on essaie de réitérer chaque semaine quand il se passe quelque chose de notoire. Après pour la troisième, on a fait notre première émission avec des invités, où ils passaient leurs sons, et où on en parlait ensemble, et pour la quatrième, c’était plutôt une émission jeu, à la « N’oubliez pas les paroles ». Pour la prochaine on a de nouveau un concept, donc tu vois, on n’est pas à cours d’idée, loin de là.

Andy : C’est vrai que, les gens ont tendance à croire qu’on peut arriver à un moment à ne plus avoir d’idées, alors que pas du tout, on veut justement montrer que le hip-hop c’est large, et on veut ouvrir ces personnes-là à la culture hip-hop dans son ensemble.

Loïc : C’est exactement ça. Après au niveau des jeux, évidemment, ça va se répéter, parce qu’on ne peut pas inventer des jeux chaque semaine, mais ce genre de rubrique peut devenir notre marque de fabrique. On reste évidemment en radio, donc il y a toujours cette idée de récurrence. Mais l’avantage c’est qu’on n’est pas tributaire du temps. Je veux dire que si un jeu était censé durer dix minutes et qu’il en a finalement fait cinq, on a juste à passer un morceau et c’est comblé. Cette liberté, c’est quelque chose qu’on apprécie vraiment avec Andy.

Andy : T’as complètement raison, Terre Hip-Hop, ce n’est pas uniquement une émission où on passe des musiques, on discute aussi, on joue, on débat, c’est vraiment riche comme contenu. J’aime quand je peux faire découvrir aux auditeurs des artistes de mes playlisyts préférées, mais j’aime aussi avoir l’avis des invités, entendre leurs goûts, parler de l’actualité…


Comment vous travaillez entre vous ? Comment vous vous répartissez les tâches ?

Loïc : Généralement, on s’appelle sur Messenger en vidéo pour discuter des thèmes qu’on aborde…

Andy : Généralement le mercredi soir, voire même parfois le jeudi après-midi, pour le jeudi soir…

Loïc : Voilà et on se propose des idées « Est-ce que ça, ça te va ? » « Oui ça marche » et ça fonctionne comme ça en gros. Après ça nous prend quand même pas mal de temps, il ne faut pas s’imaginer qu’on le fait en dix minutes ! C’est plutôt deux heures, deux heures et demie, à lire l’actualité, à trier les infos, à choisir les morceaux qu’on va passer, même si au fond c’est quelque chose qu’on fait déjà naturellement, donc on peut dire qu’on lie l’utile à l’agréable !


Comment vous qualifieriez l’émission ? Quel ton vous voulez lui donner ?

Loïc : C’est très, très dur comme question… Je pense qu’on est à mi-chemin entre le sérieux et la déconne entre pote. On essaie d’informer, mais en même temps de faire passer un bon moment aux auditeurs.

Andy : Je dirais que Loïc apporte le côté sérieux et moi je suis là un peu plus pour détendre et faire quelques blagues, même si, attention, les rôles ne sont pas figés pour autant, et Loïc reste quelqu’un qui a beaucoup d’humour !

Loïc : Merci pour ces beaux compliments Andy ! Je suis tout à fait d’accord, et j’ajouterais même que, le rap et le hip-hop sont tellement importants pour moi, que j’essaie, pendant l’heure d’émission qui nous est accordée, de faire adhérer les gens à cet univers et de transmettre ce que cette musique me fait ressentir. Je veux vraiment populariser le rap, le démocratiser au maximum, parce qu’il souffre d’une mauvaise image, et je veux changer ça dans mon entourage.

Andy : De mon côté, ce n’est pas aussi fort, même si, comme je disais, j’aime faire découvrir de nouveaux artistes et mettre en exergue des sons que peu de gens connaissent. Je garde néanmoins certaines petites pépites pour ma consommation personnelle…


Quel avenir pour Terre Hip-Hop l’an prochain ?

Andy : Alors, on n’en a pas encore parlé… Mais je pense que ça serait bien que l’émission puisse continuer l’an prochain. Je n’ai pas forcément envie qu’aux yeux de tous, Terre Hip-Hop = Loïc et Andy, ça ne m’importe pas. Qu’on sache que ça vient de nous, qu’on a été à l’initiative du projet, d’accord, mais si on peut donner une seconde vie à l’émission, ça serait avec plaisir !

Loïc : Je suis complètement d’accord, ça pourrait être top si on trouve des gens motivés et en phase avec notre vision des choses, notre façon de penser la musique et le rap, on passera le flambeau avec joie.


Si certains d’entre vous sont intéressés pour participer à une des émissions, n’hésitez pas à les contacter via leur page Facebook Terre Hip-Hop. Toutes les rediffusions des émissions sont également disponibles sur leur site internet.

Terre Hip-Hop, c’est tous les jeudis, de 17h à 18h sur 102.4 FM, ou sur campusbesancon.fr.

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